mardi 17 avril 2007

Comme l'une des leurs

En 1989, j'avais 10 ans. J'étais alors pleine de rêves, et je commençais déjà à flirter avec le féminisme. Mon père en rigolait bien et parlait fièrement à ses amis de moi comme une future "mangeuse d'hommes". Peu importe, je ne savais pas trop ce dont il parlait, je ne suis pas devenue une mangeuse d'hommes.

En 1989, j'étais devant la télé, peu après le souper, vieux réflexe que j'avais gardé du temps de Passe-Partout quand j'ai vu les nouvelles de la tuerie.

À l'époque mes parents était abonnés au Journal de Mourial et je me souviens d'avoir regardé attentivement les photos de chacunes de victimes. Puis, on en a parlé et j'ai su pourquoi. Elles avaient été tués parce qu'elles étaient des elles.

Pour une raison qui m'échappe encore, la photo de Geneviève Bergeron m'avait particulièrement marquée. De plus, je suis passablement capable de dire les noms de bien des victimes. J'avais le visage de Geneviève gravé dans la mémoire. Sûrement parce que sur sa photo elle semblait rire.

J'ai continué à être féministe.

Plus tard, quand je suis montée les marches de mon université pour la première fois, j'ai pensé à elle. Je me suis dit que ça pouvait arriver, n'importe quand.

Aujourd'hui, y'a peut-être quelque part, une petite fille qui regarde les images de Virginia Tech en ce demandant si elle bien sûr de comprendre ce qui s'y passe. Elle se dira que c'est moche que l'idée de cet homme était de trouver sa petite amie. Par contre, j'espère une chose. J'espère qu'elle n'aura pas peur et qu'aucun de ses rêves ne mourront parce que tout cela s'est passé.

Ce matin, j'ai pas pu m'empêcher de pleurer devant les images et les reportages. Même si je n'ai jamais (dieu merci) été là, je ne peux m'empêcher de me sentir comme l'une des leurs.

1 commentaire:

moi m'aime a dit...

ce qui m'a le plus marqué dans toute cette horrible histoire et cet enseignant assez âgé qui s'est mis ds la porte de sa classe se faisant ruer de balles pour permettre à ses étudiats de sortir... les héros existent encore.

Trois autres années passées ...